Il pleut. Putain de mélancolie. Et repart.

Il pleut.
Cela fait trois jours.
Ma peinture ne sèche pas.
Je m’use les yeux à tenter de faire des lignes.
Bordel, cela ne sèche pas. Mes encres s’abiment. Mes doigts s’engluent sur la toile.
Il pleut. Je l’entends. Miroir d’âme.
Il pleut. Le monde s’éteint et la lumière se raréfie. Je ne sors pas ce que je veux.
Cela ne coule pas de la même manière lumineuse. Habituelle. Heureuse.
C’est dingue, cette toile m’absorbe et je pense. Je pense.
Réfléchis.
Foutu mélancolie.
Je suis heureux.
Cela avance. Tellement.
Il pleut. Rythmique douce du clop. Clop. Clop. L’humidité. Cette froide moiteur. C’est surement ça. Elle s’infiltre jusque dans ma peinture. Mon art.
C’est dingue, fou, que mon besoin de créer soit si lié à, je ne sais, mon état, une non, des émotions.
Introspection linéaire.
Le temps se dilate. Chaque seconde s’étire. Il disparaît.
Combien de temps, cela vous prend de faire celui-là ?
Je n’en ai foutrement aucune idée. Le temps n’existe pas. Juste la lumière.
La lumière. Juste ça. Plus rien. Rien d’autre n’existe.
La lumière, la pluie, le bruit.
Le bruit. Magma amorphe de klaxon et de jazz. Klaxon et classique.
J’écoute son silence, si lumineux. Lumineux.
Mon absence de pensées. Cette concentration si totale de mon émotion, cette putain qui m’écharpe mon âme. Qui m’interroge et me fait lever la nuit. Me marque et me donne cette couleur, cette forme.
Cette lumière. La lumière. Lumière.
Ma recherche.
Il pleut. Le monde est ralenti. Ma pensée m’échappe. La main part et trace, trace, forme des lignes, trace et écris.
Je repense à une conversation. Une découverte. Merci.
J’aime.
Mes pensées sont des papillons. Qui s’envolent et s’approchent des flammes de ma mémoire.
J’aime.
Tellement.
Je ne peux l’exprimer et le partager.
La lumière. Elle, peut-être le sait. La lumière, la forme.
Elle, peut-être le sait.Rencontre brève. Un sourire. Presque canaille. Elle écoute. Intensément. Je sens son regard.
Sa concentration.
Intègre dans le champ des possibles de sa réflexion, la rythmique de ma voix.
Il pleut. Instant focalisé.
Le temps disparaît.
Éclair blanc, laiteux mouvement de sa peau. Elle bouge, déplace ce parfum, indéfinissable.
Je tombe.
Je le sais.
Précision de sa voix. Son se mêlant au rythme de cette lumière. Putain de mélancolie. Crois en toi.
La lumière n’est pas que ça, pas que ça. Le tout. Il y a autre chose. Forcément autre chose.
Le temps reprend son droit.  La contraction se dilate et s’expanse. Regagnant le plein.
Elle repart.
Tourne la tête. A peine.
Je regarde.
Elle sourit.
Sûre d’elle.
Putain de mélancolie.
Moi aussi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.