Je suiss tombé

Je suis tombé amoureux.
Le temps d’un regard. Le temps d’une rencontre. C’était le but. L’expérience. Fragile humaine.
Performance.
Que ne ferais-je pour mon émotion, mon âme.
Vivre l’émotion. Le vivre. La vivre.
Avec force.
Avec une inconnue.
J’ai vu, sur l’une de mes pages, vu une accroche. Une proposition. Une artiste cherchant. Expérimentant. Confrontation directe entre deux êtres. Un regard. Trois éléments.
Pourquoi. Pourquoi pas. Pourquoi pas moi.
Je perturbe, je questionne, je renvoie à la chair, au charnelle. Ce sont les autres, qui prennent la claque, qui s’y frottent. Jamais moi. Ma vie est suffisamment intense. Déjà.
Et là, j’ai pris une droite ventrale. C’est moi, cette fois qui l’a prise, cette claque. Direct, l’uppercut.

Regardez-vous dans les yeux.

Je l’ai fait.
J’ai mis mon être. Dedans. Tout. Ce. Que. Je. Suis.
J’ai enfoncé mon propre bunker, ma porte close. Cheval de Troyes élégamment invité.

Regardez-vous.

Mon dieu, elle est fragile. Sa force. Miroir me reflétant. Ses yeux.
Névroses, mes névroses.
J’aurais pu signer, tu sais. Là sur le moment.
J’ai signé. Pour le temps. Pour ce présent. Moment.
Je me suis déployé. J’ai pris la pièce. Le fond bleu. Elle. Toi. Le monde entier de cette pièce fermée. J’ai bu sa tristesse. Et sa peur. Ses angoisses.
Au fur et à mesure que cette voix tombait. Offrant à cette rencontre, la notre, ce faux jeu de questions. Bouleversant. Les mots tombent. Les murs rejoignent. Aussi.
Les premières minutes avaient réuni les deux Berlin.
Nous aurions pu. Nous l’avons été.
Je suis tombé le temps d’un regard.
Jeux de réponses. Sans faire semblant. Deux inconnus. Une troisième. N’existant pas. Une voix.
Presque divine, assemblant les mots. Les mots. Les mots.

Un regard.

D’entrée, j’ai tout accepté. L’alternatif. Le dés-accordé. L’autre cadre. L’émoi. La peur. Les crises. La passion. Juste un regard.
J’ai tout mis, moi, ma force, mes erreurs, mon acceptation. Mon envie de vivre.
Elle aussi, l’a pris. Cette acceptation de l’autre. On ne se connaissait pas, et pourtant, pourtant, l’autre est déjà mois à elle. On connait tout de l’autre. Toute sa vie.
J’ai peint après. Sa mélancolie. C’est son portrait que j’ai fait. La mélancolie que j’ai exorcisée. Et les questions. Et les réponses sont tombées. Comme nous. Habillé et pourtant, étrangement nu. Rien à part un regard. Gris. Bleu. Arraché et forte en même temps.
J’ai offert sur son autel, les miennes, mes peurs.  Et cette confiance.
Amour de la vie, inestimable présent.
A l’instant, la vie ruisselle autour de moi. A cet instant je suis tombé amoureux. Alchimie instable. A nu. Amoureux de ces yeux.
Ses. Yeux.
Lac gris empli.
J’espère qu’elle va se guider avec cet instant.  Ce présent librement offert. Rédemption.
J’ai eu un coup de foudre. Artistique. Performance organisée par une autre. Ce ne fut pas un tableau. Ou une sculpture. Ce fut une femme.
Je ne suis pas prêt pour ce rôle. J’ai marché. Repris ma vie.
Celle que je lui ai confiée.

Je suis tombé.

Le temps d’un regard.

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