Temporalité

Ecrire. Ecrire.
Il n’y a que cela de vrai.
Laisser sa marque. Graver son nom au bas d’un parchemin. Je m’interroge souvent sur ce besoin de créer. J’entends de plus en plus souvent :
« C’est magnifique, c’est intense ce que vous faites. Je suis incapable de créer, dessiner, peindre ou même écrire. Mais, j’apprécie l’Art en général ».
C’est bizarre.
Etrange d’entendre ces mots.
Il n’y a rien de plus naturel que cela.
Ou pas.
Et c’est peut être bien cela la question.
Qu’est-ce que créer ?
Renvoie directement à ce qu’est un artiste.
Je sais, je sais, je me répète.
Voir même me repaître.
Mais voyez-vous, sculpter, c’est long, c’est difficile. Le corps s’engage et laisse l’esprit libre.
Aujourd’hui, je n’ai pas de rage à accoucher sur la feuille.
J’ai plus une minute d’amour entre ma plume et moi.
Ecrire. Ecrire.
Capter des mots. Des histoires.
En raconter à travers la peinture.
Compter les miennes grâce aux matériaux.
Je ne fais que gratter l’iceberg.
Je ne comprends pas.
Pas mon art. Encore moins d’où vient ce besoin. De m’exhiber.
Entendez de vivre avec ces créations, ses œuvres.
L’art est mon pain quotidien.
Je ne peux plus le mettre de coté.
Pratiquement tout tourne autour. Mes pensées,  mon emploi du temps. Mes craintes et envies.
Mes rêves.
Ma volonté.
J’aimerai vous encourager à nous consommer. A me vivre et faire vivre.
A m’acheter et me revendre.
D’entrer en possession de ce que j’offre et vous en dessaisir pour un autre.
Il me semble que c’est aussi fort que la musique ou la cuisine.
Vital.
Il parait que les français écoutent deux heures de musiques par jour.
Combien se nourrissent de visuel, de tactile ou d’olfactif ?

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Mon questionnement est unanimement tourné  vers l’humain.
D’où mon figuratif de l’être, tirant vers une abstraction.
Miroir de mon esprit.
Je voudrais une réponse et pourtant, pourtant, cette réponse me fait craindre.
Craindre.
De ne plus avoir de but.
Craindre d’atteindre une sérénité, une paix de l’âme.
La peur de l’inconnu.
Qui suis-je ?
D’où viens-je ?
Où vais-je ?
Les fondamentaux.

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J’écoute les autres discuter. Le retour à la formation fait replonger dans l’action. Dans le contact hu-main.
Au frottement, comme lui le dit si bien.

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Midi.
Premier texte, première pensée dans la temporalité.
Où l’écriture saute.
Le sujet évolue. Change.
Les questions ne sont plus les mêmes.
Le sommeil a été chassé par l’abus de caféine.
Etonnent qu’au milieu de conflits, des ces changements directionnels, c’est l’être qui  prime. Le moi est important. Nombril.
L’ancienne génération, et sans mauvaise pensée de ma part, est dans le partage, le serrage de coudes. Vive l’huile.
La nouvelle, si nouvelle est, est individualiste.
Produit des trente glorieuses.
Diviser pour mieux régner.

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A quel point le décalage permet de créer ?
Pourquoi depuis les romantiques, les créateurs doivent être différents, des joueurs extérieurs ?
Est-ce ce décalage, ce point de vue différent qui fait réfléchir autrement ?
Banalisation de la société ?
Le mouton noir peut faire évoluer el groupe.
Où tel l’image asiatique d’un occidental, ce trop plein d’énergies vitales, ne trouvant aucun moyen de construire ce corps, de construire cet amour de soi, s’expulse et s’exprime dans l’art.
Dans la vie même de ces gens décalées dans leur espace-temps.
Oui, l’expression de forces non-canalisées.
Et cette expression ouvre un canal d’espace, un point de liberté absolue. De pseudo-acceptation de l’autre.

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Changement de vue.
Changement de décors.
L’espace s’organise différemment.
Les corps bougent différemment.

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Minuit.
Méditation et arts martiaux ont nettoyé le corps. La journée s’est pacifiée. Retour en arrière, par la pensée. Douce dinguerie que cet outil. La pensée. D’une puissance. Libérée, elle se clarifie, image du lac d’une profondeur absolue. Rouge. Noir. Bleu. Intense. Doux.
Profond.
Rideaux.
Les yeux se ferment.

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